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Dimanche 22 octobre 2000
Paris - Le Puy |
Avant de prendre l'autoroute, je m’arrête à la station service pour faire le plein d'essence, racheter de l’huile et vérifié la pression des pneus.
En ouvrant la porte de la voiture côté conducteur, la poignée, enfin plutôt le mécanisme interne de la poignée se casse. Je ne peux plus ouvrir la porte de l'extérieur.
Je démarre de la station service à 15h40.
Cà roule bien, il fait beau temps.
En deux heures, j'ai parcouru et 260 kms.
J'arrive à la chambre d'hôte à 21heures. C’est au lieudit Les Cabarets, à 2 kms de Coubon, et à 1 km du hameau L’Holm, où je démarrerais le GR 70 demain matin.
Les gens sont bien agréables.
C'est une ferme d'élevage de moutons pour la boucherie. Ils en ont 500, de la race noire du Velay, plus une vingtaine de bovins.
A mon arrivée, la propriétaire me propose une boisson, j’ai envie d’un thé.
La chambre est bien, avec une belle salle d'eau avec douche.
Il ne fait pas bien chaud dehors. Je supporte ma veste polaire mais le ciel est bien dégagé et tout étoilé.
Le Monsieur me dit que du beau temps est prévu toute la semaine.
Je verrais bien.
Il est 22 h 15 lorsque j'écris ceci. Je viens de prendre une photo de la chambre.
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Lundi
23 octobre 2000
Coubon - Le Monastier |
Le réveil sonne à 8h15. Je suis bien au chaud et reste au lit jusqu'à 8h40. Je me lève et jette un œil à la porte fenêtre. Il fait beau. Je prends une douche, m'habille puis sors devant la maison prendre quelques photos. Le terrain de la maison est face au village de Solignac, et entre la maison et Solignac, en contrebas, c'est la vallée de la Loire, que l'on ne voit pas mais que l'on devine dans la brume qui s'élève au dessus des maisons.
Le spectacle est magnifique avec ces petits têtons que forment ces anciens volcans, monts tout ronds , petites collines qui caractérisent cette région.
Là il est 9h40. Je viens de finir de déjeuner. Je vais aller m'habiller pour marcher et partir pour la première étape qui me mènera au Monastier, ville de départ de R.L. Stevenson en 1878.
10h35, départ pour en principe cinq jours de marche à raison de 20 kms en moyenne par jour.
Mon sac et lourd. J'ai pris le Lafuma de 70 litres, celui que j'avais acheté pour le tour du Mont Blanc.
Il fait soleil et la température est douce.
je rejoins donc le hameau L’Holme à 1 km du gîte les Cabarets puis entame le chemin Stenvenson GR 70 rouge et blanc
En fait, Stevenson est parti du Monastier et non du Puy. Le chemin emprunté du Puy au Monastier est le saint Régis. Ce chemin était il y a quelques années baliser vert et blanc, aujourd'hui c'est un GR, donc rouge et blanc.
Un ¼ d’heure plus tard, j'aperçois un chasseur. Je m'arrête, discute. Il attend son chien qui piste un lièvre. Le Monsieur a 71 ans, est bien sympathique malgré son fusil que l'on oublie très vite.
Après dix minutes de discussion, je reprends ma route et un peu plus loin, je croise son chien le nez par terre. Je fais signe et crie au Monsieur que son chien est là. Il m'a entendu.
Après le hameau Archinaud, pratiquement au-dessus de Chadron, un autre groupe de chasseurs. Je pense qu'ils chassent le sanglier, vue la taille des chiens qu'ils ont en laisse ou qui sont dans les voitures à attendre. Ces chasseurs ont l'air moins sympathique.
Enfin, à l'instant précis, il et 12h45. Ca fait 10 mn que je suis assis sur une pierre au bord de la petite route qui traverse le village l’Herm. Je suis bien, je suis en plein soleil. Comme c’est agréable. Pas de bruit, l'air pur car il y a du vent. La végétation est très belle à cette époque. Les feuilles vertes, ocre, rouge, orange ; enfin, c’est l'automne.
Il y a un gîte de France dans ce petit village.
Je salue un vieux monsieur assis dans son champ avec près de lui son chien et une chèvre.
P'Tite Puce m'a appelée sur le mobile à 11h30, mais je n'ai pas entendu la sonnerie. Dommage. A 12h50 elle me rappelle, on parle 20 mn. Tout va bien.
Il est maintenant 13h15. Comme il ne me reste que 2,5 kms soit 45 minutes environ avant Le Monastier, je vais rester encore un peu ici avant de repartir car il fait bien beau.
Vers 13h30 je redémarre et m’arrête à nouveau au bord du sentier pour faire un thé. Il fait très bon, je suis au soleil..
J’arrive à l'entrée du Monastier à 14h50.
Je suis la rue principale toujours balisé en rouge et blanc. Je visite la grande église qui est très belle. Je prends des photos. Puis je continue la rue principale, cherche l'hôtel le Provence. Une première dame me dit qu ‘elle ne connaît pas, une autre me dit que c'est sur la déviation mais sans me dire par où il faut passer. Je fais donc demi-tour, vais acheter le journal et faire le loto comme çà ce sera fait. Le Monsieur me dit qu'il faut continuer la rue principale puis prendre sur la gauche l’impasse Saint Eudes qui mène en haut à gauche à l'hôtel le Provence.
Il est 16h09. La chambre est une classique chambre d'hôtel, propre avec un coin douche et la télé.
Je mangerais à 19h30. J'ai faim.
Mon podomètre indique 9,6 kms soit 11.312 pas de 85 cm. Il faut que je l’étalonne car j’ai dû faire 11 ou 12 kms.
J'appréhende les deux prochaines étapes de 22 et 25 km. Mon sac et bien lourd. Je ne vais rien acheté pour manger. Il faut qu'il s'allège, sous l’effet de vase communiquant avec mon ventre.
Je suis retourné dans le Monastier pour acheter des cartes postales et du gel touche car je l'ai oublié ce matin au gîte. Puis je vais jusqu'à la sortie du Monastier.
Puis je cherche le départ du chemin pour demain matin. C'est sur le côté de l'esplanade Stevenson, à côté de la poste.
Voilà , je remonte à la chambre, prend une bonne douche bien chaude et me masse les jambes avec de la pommade Intralgis, un anti inflammatoire.
À 19h40 je descends manger.
Au menu à 65 francs,
Entrée, assiette de charcuterie
Plat, Bourguignon salsifis
Plateaux de fromage.
Dessert, crème brûlée.
Ensuite je vais poster mes cartes postales. J'ai mal aux jambes et le ventre gargouilles. Je remonte à la chambre, téléphone à ma petite puce puis me couche à 21h45.
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Mardi
24 octobre 2000 |
Il y a le marché. Je prends du pain à la boulangerie à côté de l'abbatiale.
Le soleil se lève et il y a quelques nuages rosés. Les « têtons » sont magnifique.
Belle descente du village vers la rivière la Gazeille puis remontée jusqu'à Courmacès et St Martin de Fugères. Dans la montée, 8 motos d’enduro et 2 véhicules 4X4 me dépassent.
Le paysage est magnifique, on ne peut pas dire grandiose comme à Chamonix, mais simple, beau et très agréable.
Je suis content. Il fait doux et le soleil se découvre bien.
Du plateau, la vue en arrivant sur Goudet et la Loire est sublime. Le gros rocher en face du château ressemble étrangement à un animal préhistorique pétrifié.
Le sentier qui descend sur Goudet est bien raide et me rappelle ’Ardèche. La même végétation
Je traverse complètement le village car je cherche un commerçant ou une pharmacie car j'ai mal sous les talons surtout dans les descentes. En vain.
Il n'y a aucun commerçant hormis un restaurant et un hôtel.... fermé.
Il fait très chaud. Il est midi. Je suis sur la place de l'église au clocher aux ardoises de couleur.
Je vais derrière l'église, entre l'église et le cimetière et j'enlève mon knikers pour mettre un short. J'ai laissé mon sac à droite de la porte de l'église sur un petit muret. Je change également le haut avec manche contre un tee-shirt sans manche. Ca va mieux.
Puis me voilà reparti. La montée sur Montagnac est très dure (de 785 m à 950 m en 2 km) puis continue un peu moins raide jusqu'à Ussel.
Ensuite, le chemin est plutôt globalement plat, avec des petites montées et descentes mais sans trop de dénivelé.
Jusqu'à Bargettes, c'est ainsi. Après le passage de la route nationale 88 à Bargettes, le plaisir n'est plus le même, le paysage est moins beau, les tétons sont loin derrière moi.
J'ai encore 5 kms à parcourir. Ils sont durs ces derniers kms.
J'ai oublié d'écrire que j'ai mangé et bu régulièrement tout le long du chemin avec des arrêts de courte durée chaque heure.
Le gros repas, je l'ai fait une demi-heure avant Bargettes. J'ai pris une bonne soupe puis du pâté et du pain, puis des clémentines et enfin du pain avec du chocolat.
Globalement, le sentier de Bargettes au Bouchet st Nicolas est on ne peut plus triste, le paysage on ne peut plus commun.
Sur la droite, pas très loin de Bargettes, il y a un étang. Deux hérons cendrés volent au dessus de moi dans sa direction. Les pêcheurs vont être contents.
À 16h20, j'arrive à la chambre d'hôte. J'y suis très bien reçu. On m'offre un thé, la chambre est très agréable.
Je prends une douche , me change et là, il est 18h07. Je vais m'allonger une heure avant de dîner à 19h30, m'a dit la propriétaire.
Demain c'est encore une grande étape. 25 kms jusqu'à Langogne.
J'ai donc dormi de 18h15 à 19h15. Lorsque le réveil sonne, je n'ai pas vraiment envie de me lever.
Je rejoins la salle à manger à 19 h 33. La propriétaire est là ainsi qu'un couple de personnes âgées que je pense être de la famille mais en fait ce sont des pensionnaires qui habitent Alès. Ils se plaisent tellement avec ce couple de propriétaire, qu’ils viennent fréquemment passer une semaine. Ils sont venus pour la dernière fois en septembre.
Comme le propriétaire n'est pas encore là, je m'assois devant la télé.
À 19h50, nous passons à table. On nous sert l'apéro, un pastis. Puis je sers l’entrée à toutes les personnes, du maïs et du blé en salade. Ensuite, une potée au choux avec saucisses, rave et viande de porc. C'est très bon , j'en reprends 2 fois. Puis le fromage , de la faisselle.
C'est génial, les gens sont vraiment gentils. Nous discutons tous les 5 jusqu'à 22 heures. On finit le repas avec une tisane.
On s’y sent bien dans cette maison, un peu comme chez soi.
J'ai oublié de parler du temps. Il a fait très beau et chaud jusqu'à midi puis nuageux ensuite mais doux.
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Mercredi
25 octobre 2000 |
Je me lève à 7h30, je me douche et prends mon petit déjeuner à 8 h.
Je démarre à 8h40 du Bouchet saint Nicolas. Le soleil se lève. Il fait un peu frais. Puis dès que je quitte le village par une grande piste, me voilà dans un demi brouillard avec du vent froid. Je supporte bien ma polaire avec le col bien monté. Ça dure une demi-heure puis je laisse le brouillard derrière moi. Je me retourne, il est sur le Bouchet saint Nicolas. Ce qui est étonnant, c'est le vent froid du sud-est. Je marche bien et atteint très vite Landos, un gros bourg. Il y a une pharmacie j'achète du sparadrap pour mes talons qui me font un peu mal. Mais en fait, je n’utiliserais pas ce sparadrap.
Puis je prends du pain et un petit pain au chocolat. Et je poursuis jusqu'à Jagonas, joli petit village, complètement perdu. Quelques maisons, une ferme. On y élève des bovins puis je vois quelque moutons.
Un peu plus loin, Arquejol, petit village quelconque, plutôt fade. (C’est gênant d’écrire cela mais c’est pourtant vrai).
Après l’avoir traversé, on a une jolie vue sur le viaduc, du même nom que le village, sur lequel passe la voie ferrée Langogne Le Puy, plus du tout utilisée par la SNCF.
Elle est encore en état mais utilisée par du vélo rail au départ de Pradelles je crois.
Il y a un bon dénivelé entre Arquejol le le plateau avant la descente sur Pradelles. Je viens de m'arrêter juste avant la route départementale 40 qui entre dans Pradelles. Je vais manger. Ça fait 5h15 que je marche. J'ai fait environ 19 km. Avec mon sac de 18 kgs, je considère que ce n'est pas mal, d'autant que j'ai la belle étape d'hier dans les jambes.,
Par contre, lorsque je me relève, j'ai horriblement mal aux jambes. Au tendon d'Achille droit, dans les genoux et aux hanches. J'arrive à peine à marcher. Si je m'écoutais je resterai là. Mon sac est vraiment trop lourd.
Je marche tout doucement jusqu'au centre de Pradelles. Je traverse la place de la halle, à droite de la nationale 88, puis prends une petite rue à gauche après la Fontaine.
Je trouve que c’est une jolie petite ville, très ancienne. Je n'aurais jamais pensé que ce soit aussi joli.
En effet, je n'aimais pas vraiment cette petite ville lorsque j'y passais pour aller ou revenir d'Ardèche.
Mais en en sortant, j’ai le blues, je suis en colère. A ma droite, une maison de retraite, de l’autre côté de la rue, le cimetière. Dégoutant.
Les 5 kms restants sont durs mais j'arrive tant bien que mal à reprendre mon rythme.
Et je suis bien content lorsque je passe l'Allier à l'entrée de Langogne.
Je rejoins la chambre d'hôte. Il y a du courrier pour moi. Etonné, je ne m'attendais vraiment pas à çà. Et si, tu m'as envoyé une très gentille carte. Super.
Je viens de prendre une douche puis de laver mon tee-shirt rouge car il sent très mauvais.
Il est 17h48. Je vais aller dans Langogne écrire quelques cartes postales.
Je reviens dans la chambre vers 18h40. Des commerçants ferment déjà.
À 19h30 je ressors pour poster mes cartes postales puis aller dîner. Plus un commerçant n'est ouvert sauf 2 pharmacies et 2 ou 3 cafés. C'est triste.
Je vais manger.
Menu à 66 francs
Feuilleté de champignons (cèpes)
Canard grillé avec pâtes
Mrèpe au chocolat
Une bouteille de Vittel à 16 F.
Du fait que l'étape de demain n'est pas très longue, je mets le réveil à sonner à 8h30.
Je déjeunerai, prendrais une douche, puis étape pour Cheylard l'Evêque, 14,5 kms.
Je compte partir vers 11 heures.
Il et 21 heures 49, je vais allonger mon corps et le mettre bien au chaud en espérant qu'il me fera moins mal demain matin.
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Jeudi
26 octobre 2000
Langogne - Le Cheylard L'Evêque |
Je me réveille un peu avant que le réveil sonne, il est 8h20. Je reste un peu
au lit puis prend une douche.
Puis je descends déjeuner. Il y a un mot pour moi sur une ardoise : "verrouiller la porte en partant. ATB (a très bientôt), Philippe". Et la facture.
Je descends mon chèque, Philippe est encore là mais part très vite. Je suis tout seul dans le gîte.
Lorsque je me suis levé, le ciel était très bas. Et là, à 10h09, il pleut et il fait frais. Ce n'est pas ce que la météo prévoyait.
Heureusement que ce n'est pas une longue étape comme ces deux derniers jours mais j'ai tout de même 15 kms.
Je redémarre vers 11 heures et la pluie a des signes de faiblesse et cesse complètement.
J'ai tout de même mis pour partir mon anorak contre la pluie, mais dès que j'ai quitté Langogne, je le range vite car j'ai trop chaud. Et je ne le remettrais plus.
En plus j'ai été obligé de relever ma chemise qui était trempée, pour mettre un tee-shirt sec. L'étape n'est pas très longue.
Au lieu-dit Les Barres à la nationale 88, le GR a changé de parcours et passe par les lieux-dits Le Forestier et La Vigerie.
Je continue sur 500 m le chemin qui est indiqué sur mon guide, c'est-à-dire l'ancien GR, puis revient à la route nationale 88 que je suis le jusqu'à une petite route à gauche qui mène à Saint-Flour en Mercoire.
Là je rejoins le GR et je ne m'aperçois même pas de mon passage au lieu-dit L'herm, 2 kms après St Flour en Mercoire. Ensuite je traverse des bois et voit des chasseurs. Je ne suis pas très rassuré.
Je rejoins la route départementale à Sagne Rousse et parle avec deux paysans qui viennent d'emmener les vaches au pré.
Et puis je continue jusqu'à Cheylard l'Evêque par la route. C'est un peu plus court mais surtout je crains les chasseurs.
Je pense avoir bien fait, car entre le lieu-dit Laubarnès et Cheylard l'Evêque, j'en ai croisé qui attendaient sur le bord de la route. Des chasseurs devaient sûrement être dans les bois où passe le GR.
Enfin, le temps s'est levé; il y a même eu quelques rayons de soleil. C'était bien agréable et le spectacle que m'offrait la nature était sublime. Très colorée. Du rouge, de l'ocre, du vert, du doré, du blanc. Magnifique. J'ai mis plusieurs fois le paysage en boite. Et si on pouvait aussi conserver des odeurs, car ça aussi c'est exceptionnel. La terre, les feuilles, la mousse, la pluie. Chaque arbre à son odeur. Super.
J'arrive vers 15 h à Cheylard l'Evêque.
Le gîte est bien mais les propriétaires sont assez réservés, un peu précieux et il faut enlever ses chaussures à l'entrée de la maison.
Je vais faire un tour à l'unique commerce qui est un petit café tabac à côté de la mairie. J'y bois un café et discute avec la propriétaire. Ça fait 30 ans qu'elle est seule commerçante à part le gîte qui a ouvert il y a huit ans environ mais pas avec les propriétaires actuels.
Puis je sors, fait 10 mètres et je suis devant la mairie. En sort Monsieur le maire qui vient taper la discute. Dix minutes après arrive une dame du village, du même âge que Monsieur le maire, peut être une ancienne copine. Elle discute avec nous. Elle attend son mari qui est à la chasse.
Et voilà les hommes qui reviennent de la chasse. La dame et le Maire vont les voir. Je leur dis aurevoir et retourne dans ma chambre pour écrire ceci.
Il est 16h15. Le temps est triste. Il faut que je tienne trois heures avant le dîner.
Puis je retourne au café pour acheter trois cartes postales dont une copie d'aquarelle. Puis je n'ai rien d'autre à faire que remonter dans ma chambre. Vers 17h45, je me couche et règle la sonnerie du réveil à 19h10. Je me réveille comme une fleur vers 19 heures.
À 19h35 je vais manger. C'est une grande salle à manger avec 2 grandes séries de tables et une petite table ronde, face au comptoir, sur laquelle mon couvert est préparé avec l’entrée qui m'attend.
Un plat en Inox avec salade verte recouvertes de trois gros radis, de la charcuterie, des cornichons, des petits oignons, quelques morceaux de tomates. Tout est très bon, et je ne laisse rien.
Puis on m'amène le plat principal. Une boulette de viande de porc avec des lentilles merveilleusement bien préparées.
Un Régal.
Puis un plateau de fromages. Comme je n'en connais aucun, je prends juste un petit morceau d'un. Comme j'ai bien fait car il sentait fort la vache. Je n'en ai pas repris un second morceau.
Puis arrive le dessert, un morceau de pudding sur un lit de crème et une cuillère de confiture de fraises. Très bien présenté et très bon.
Le tout arrosé d'une carafe d'eau. Il y a un pichet de vin rouge que je n'ai pas touché.
Se sont assis au bout d'une des deux grandes tables un couple de jeunes, d'une bonne vingtaine d'années, qui ont mangé leur repas sorti d'un sac plastique. Nous avons échangé quelques mots. Ils se baladent dans la région en voiture et un peu à pied.
Une fois qu'ils sont partis, la patronne du gîte vient s'assoir avec son petit garçon de treize mois, Benoit.
Nous discutons ; ça faisait trente-sept ans qu'un enfant était né au village. Son bambin a été bien arrosé. Ce fût un événement.
Puis j'ai évoqué les photos de l'Antarctique qui sont accrochées aux murs, photos prises par son mari.
En fait, il a été longtemps au sein d'une station de recherches de Paul Emile Victor en Antarctique et en Arctique. 4 saisons d'été et 3 d'hiver.
Il fait des photos superbes. Je pensais qu'il était photographe. A priori non car elle m'a dit qu'il était intendant, cuisinier au sein de cette expédition polaire.
Je pensais qu'il était photographe car j'avais remarqué, au dos des cartes postales que j'ai acheté que c'était son nom.
Je sors faire un tour à l'extérieur, écouter le grand silence. En rentrant à nouveau au gîte , je tombe sur le propriétaire avec son bébé dans les bras. J'ai évoqué ses photos. Il me dit, "vous n'avez pas vu celle du salon au 1er", et je le suis.
Le salon est en face de l'escalier. De nombreuses photos du pôle nord et du pôle sud (Terre Adélie et de Baffin).
En fait la photo est une passion.
Mais il n'est pas très causant. Je n'insiste pas trop et vais dans ma chambre où j'écris ceci à partir du moment où je retourne au café acheter trois cartes postales.
Il est 22 heures. Je vais me coucher.
Debout demain à 7h30. Petit déjeuner prévu à 8 h.
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Vendredi
27 octobre 2000
Le Cheylard - La Bastide |
La chaleur du chauffage m'a réveillé à 4 heures du matin j'ai eu très soif.
À 8h10, je descends déjeuner. C'est le propriétaire qui est là avec son petit garçon Benoit dans les bras. Il s'assoit à côté de moi et on discute de Paris où il a vécu 20 ans dans le 14ème arrondissement puis sa femme arrive et on discute tous les trois.
J'ai finalement une meilleure opinion d ‘eux aujourd'hui que celle que j'ai écrite hier au soir. Ils sont sûrement un peu timide, mais sont bien sympathiques.
Je remonte dans ma chambre me préparer à 8h30.
Puis je démarre pour ma dernière étape à 9 heures. Le ciel est complètement couvert, il y a du vent et il fait frais. J'endure bien la veste polaire.
Hier, je pensais continuer par la route à cause des chasseurs, mais comme j'ai appris qu'il n'y avait pas de chasse le vendredi, je prends donc le GR jusqu'à Luc où j'arrive à midi.
La forêt de Mercoire est très belle avec toutes ses couleurs d'automne et il y a encore beaucoup de ramasseurs de champignons.
De Luc je téléphone à Philippe. Il viendra me chercher à la gare de Langogne.
J'ai un train à La Bastide à 15h48 qui arrive à Langogne à 16h10. Ensuite je peux prendre un car mais Philippe me récupère à Langogne.
Il fait encore très beau et chaud depuis que je suis descendu dans la vallée de l'Allier. À Laveyrune, je passe devant le grand bâtiment d'une colonie de vacances, « l'Espoir de Nîmes ». Je poursuis jusqu'à Regloton, mais ne prend pas la direction de la Trappe de Notre Dame des Neiges et continue vers La Bastide en direct.
Je traverse donc à nouveau l'Allier pour pénétrer en Lozère. En effet d'un côté de l'Allier on est en Ardèche, de l'autre en Lozère.
Je monte vers le lieu-dit la Fraysse mais juste avant je vire à gauche pour descendre vers un petit cours d'eau. Déjà, avant la descente, je dois ouvrir la porte de la clôture d'un champ (c'est la seule fois du parcours), puis j'ai du mal à traverser le cours d'eau car le niveau est haut.
Je marche sur des cailloux en faisant attention de ne pas glisser. Enfin çà passe.
Puis je m'engage dans un chemin qui monte mais je ne pense pas être sur le bon chemin, donc je fais demi tour et redescends jusqu'à la rivière, reprend la boussole, regarde autour de moi et je vois les marques rouge et blanc du GR qui se dirigeait vers un bois, mais pas du tout d'où je suis redescendu. J'ai bien fait de faire demi-tour.
Une grosse, très grosse montée puis du plat et une longue descente.
Dès mes premiers pas dans la descente, je vois les toits des premières maisons de La Bastide, ma dernière étape.
Je passe à la gare vérifier les horaires des trains. Il est 14h05. J'ai un train à 14h40 mais je n'ai pas envie de rejoindre Langogne maintenant. Je suis aussi bien à La Bastide.
Ai-je le temps d'aller jusqu'à La Trappe ?. Non, puis je suis fatigué et j'ai faim.
Je vais manger une assiette de charcuterie avec une demi-bouteille de Vittel et un café.
A 14h40, je rejoins la gare car mon train est à 16h48.
Il y a du monde, beaucoup d'enfants surtout car ce sont les vacances de la Toussaint qui débutent. Tout ce monde est sur le quai 1, en direction de Nîmes et Marseille.
Mon train doit arriver sur le quai 2. Il a bien sûr vingt minutes de retard pour un trajet de 20 mn jusqu'à Langogne. Je suis seul à monter à La Bastide.
Philippe m'attend à Langogne.
Retour à mon « camp de base », Les Cabarets, que je n’ai pas vus.
Nous allons manger au resto à St Germain Laprade, puis je reprends la route pour Paris.
Quelle magnifique semaine. Il ne me reste plus qu'à faire la suite et fin de ce chemin "Stevenson".